Lettre n°9 – Le général de Gaulle dans le Journal de Jean Galtier (3e partie)

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Philippe Barthelet a relevé dans les 4 volumes du Journal de Jean Galtier-Boissière les passages concernant le général de Gaulle. Nous publions la 3e partie de l’étude de Philippe Barthelet concernant la période 1945-1946.

LES PASSAGES CONCERNANT LE GÉNÉRAL DE GAULLE
DANS LES 4 VOLUMES DU JOURNAL DE JEAN GALTIER-BOISSIÈRE

par Philippe Barthelet,
Écrivain et philosophe

Jean Galtier-Boissière (1891-1966) a fondé Le Crapouillot et écrit dans Le Canard enchaîné avec la même intention de dégonfler les bobards du style « superhéroïque » en vogue au lendemain de la Grande Guerre, une guerre qu’il avait faite dans les tranchées (Un hiver à Souchez, Du Lérot, 1998). Cette distance ironique fait de lui le meilleur mémorialiste de la décennie charnière du XXe siècle : ami du Tout-Paris des écrivains et des artistes, grand connaisseur du monde de la presse et du journalisme, les quatre volumes de son Journal (1940-1950) captent l’air du temps et épinglent au passage les hideurs des âmes, comme son père, le Dr Émile Galtier-Boissière, l’auteur du Larousse médical avait su exposer celles des corps.

Philippe Barthelet

Mon Journal dans la grande pagaïe (1946-1950)

18 septembre 1946

         « De Gaulle croit à une guerre russo-américaine avant dix-huit mois ».

20 septembre 1946

         « De Gaulle prend parti contre la Constitution et recommande le vote du “NON”. Remous dans la presse. Paris-Matin écrit : “Le MRP hésite entre la fidélité et le tripartisme”.

         Blum s’effraye dans Le Populaire : “Le parti gaulliste n’existait pas hier. Il existe aujourd’hui. Il a son nom, son programme et son chef… Dès lors le même devoir s’impose aux républicains, à tous les républicains. Il consiste à voter le plus promptement possible la Constitution condamnée par le général de Gaulle et à faire front de toute leur énergie contre la campagne du NON qui s’ »organise déjà dans le pays”.

         L’Huma conclut : “De Gaulle dévoile son jeu”. »

29 septembre 1946

         « Le Général est mort à “L’Aube”.

         À Épinal, discours du général de Gaulle dont le résultat sera sans doute de couper en deux e M.R.P., de renforcer le P.R.L., lieu géométrique de tous les pétainistes et ci-devant collabos, et de refaire du parti communiste le parti le plus puissant de France. Le Général a parlé du “mépris de fer” qu’il a pour ses ennemis.

         “Nous aimons de Gaulle. Mais nous aimons d’abord la France. Et par dessus tout la vérité !” écrit Marcel Poimbœuf, dans le quotidien de Maurice Schumann ».

6 octobre 1946

         « Réponses au “Gallup” français à la question : “Souhaitiez-vous que le général de Gaulle revienne au pouvoir ?”

39 p. 100 : oui.

47 p. 100 : non.

14 p. 100 : sans opinion ».

11 octobre 1946

         « Blum fait remarquer dans Le Populaire que de Gaulle ne disposera jamais autant qu’à l’époque où il était au gouvernement “de circonstances aussi favorables pour exercer un pouvoir fort. L’occasion était unique et cependant elle a été perdue”.

A.F. pas morte.

         À la sortie du meeting de l’Union gaulliste au Vél d’Hiv’, un monôme se forme aux cris de “Libérez Maurras !” ». 

12 octobre 1946

         « Papillon au Quartier latin :

         “Thorez vote “oui”… de Gaulle vote “non”. Entre le déserteur et le libérateur du territoire… Choisissez !” 

         Réponse :

         “Choisir entre de Gaulle et Thorez ?

         Mais sans de Gaulle, il n’y aurait jamais eu Thorez.

         Et voter pour de Gaulle, c’est voter à plus ou moins longue échéance pour Thorez” ».

17 novembre 1946

         « Fabre-Luce diffuse un pamphlet antigaulliste ronéotypé : La Vérité par les textes. Le document le plus significatif est tiré des souvenirs du diplomate yankee Kenneth Pendar ; il s’agit d’une conversation du général de Gaulle avec le général Odic, ancien chef d’état-major de Weygand, le 20 décembre 1941 : “Je rappelai au général de Gaulle [déclare Odic] que la raison pour laquelle j’étais venu à Londres [d’Amérique] était d’empêcher une alliance franco-allemande que Vichy sur le point d’accepter. De Gaulle me répondit en ces termes exacts : “AU CONTRAIRE, LA FRANCE DOIT ÊTRE DANS LA GUERRE AU CÔTÉ DE L’ALLEMAGNE, AFIN QUE LA CULPABILITÉ DES HOMMES DE VICHY PUISSE ÊTRE PROUVÉE ”. »

9 février 1947

         « Au Club du Faubourg, à l’occasion d’un débat très animé sur l’amnistie, M. Mutter du P.R.L. est acclamé par l’assistance aux cris de : “Vive Pétain ! Vive Maurras ! Vive Doriot ! À bas de Gaulle ! Mort aux juifs !” »

         (…) Dîner chez Gaffner avec le fameux général d’aviation, l’as Corniglion-Molinier, très en verve. (…) Une plaisante histoire (…) sur de Gaulle. Le Général, à qui son entourage reprochait de se montrer trop distant à l’égard des “hommes”, avait pris l’habitude, sinon de leur pincer l’oreille, du moins de les interpeller familièrement, à la manière du Petit Tondu. Un jour, en Égypte, passant une formation en revue, il s’arrête devant un aviateur :

  • Je t’ai déjà vu, toi ?

Cramoisi et très ému, le soldat ne trouve rien à répondre au grand chef. Le Général continue son inspection et, par suite d’une fausse manœuvre, repasse devant le même type et lui dit de nouveau :

  • Je t’ai déjà vu, toi ?
  • Oui, m’Général, répond le soldat, ya cinq minutes environ… »

19 février 1947

         S., ex-grand résistant aujourd’hui sénateur, tonne contre la manœuvre des communistes qui a consisté à “liquider” tous leurs adversaires politiques par le moyen de l’épuration. Sans la carence du général de Gaulle et ses coquetteries avec Staline, TOUS les chefs communistes, proclame-t-il, auraient dû passer en cour civique après la Libération et être condamnés à cinq ans de travaux forcés et à l’indignité nationale pour leur attitude de septembre 39 à juin 41 – puis relevés de leur peine pour service rendus à la Résistance. Cette juste mesure eût rabattu leur insolent caquet et clarifié la situation politique ».

6 mars 1947

         Lu sur un mur, boulevard Raspail, cette inscription à la craie :

         Pour 39-40 la médaille militaire à Thorez et à de Gaulle ! »

31 mars 1947

         « Hier sur la falaise de Bruneval, de Gaulle a fait sa rentrée politique en haranguant 40 000 résistants : “Le jour va venir où, rejetant les jeux stériles et réformant le cadre mal bâti [la Constitution] où s’égare la Nation et se disqualifie l’État, la masse immense des Français se rassemblera sur la France”.

         Le brav’Général a quelques métros de retard. En 45, il avait tout pouvoir pour réconcilier les Français et opérer le redressement. Qu’a-t-il fait ? Des discours.

         À tout hasard le franc-maçon Ramadier réplique au Général à Capdenac : “Il n’est point de sauveur suprême, ni César ni tribun… En dehors de la République, de la Démocratie, il ne peut y avoir que des discordes et tous ceux qui s’élèvent contre elles s’élèvent contre la France” ».

8 avril 1947

         « Trop tard, mon ami !

         Discours du général de Gaulle à Strasbourg. On avait annoncé que les communistes l’empêcheraient de parler et déclencheraient une émeute. Mais la journée a été fort calme. Le Général a dénoncé “la termitière” communiste et déclaré en présence de l’ambassadeur des USA :

         “S’il devait, par malheur, arriver jamais une tyrannie nouvelle qui vînt menacer toute une partie de l’univers, nous sommes d’avance certains que les Etats-Unis et la France seraient d’accord pour s’y opposer. Puisse cette certitude affermir partout l’esprit et le cœur des hommes libres et qui veulent le demeurer”.

         Parfait. Mais pourquoi le Général s’est-il précipité à Moscou en décembre 1944 ? Pourquoi a-t-il dédouané le déserteur Maurice Thorez ? Pourquoi a-t-il laissé le parti communiste s’arroger le monopole de la Résistance ? »

9 avril 1947

         « Réactions au discours du Général : fureur russe ; – réticences anglaises ; – enthousiasme américain ».

18 avril 1947

         « De Gaulle, me dit ce célèbre avocat, a été un symbole. C’est nous qui l’avons forgé et il se trouve que ce grand dadais ne ressemble pas du tout à l’image que nous avions rêvée. Actuellement il joue le rôle d’un La Rocque. Il va souder aux communistes les socialistes qui les détestaient et grignoter chacun des partis anticommunistes sans réussir à constituer un mouvement assez fort pour lutter efficacement contre les staliniens. Par contre, il permettra aux “cocos” de brandir l’épouvantail du général au sabre entre les dents ».

24 avril 1947

         « Conférence de presse du général de Gaulle.

         Cinq cents personnes entassées dans le salon cossu d’un ancien cercle d’officiers américains, volets clos, lustres allumés. Nombreux photographes, cameramen, reporters français et étrangers, le bloc sur les genoux, encadrés de partisans et sans doute de commanditaires du mouvement genre “industriels du Nord”, vêtus de riches tissus. Jeanson est assis à côté de moi.

         Le Général fait son entrée à l’heure précise, habillé de sombre, cravaté de noir. “Il porte le deuil de la IVe”, murmure un plaisantin. Entouré de Baumel, Vallon, Palewski, Jean Marin, il s’assied derrière une table et commence à exposer les raisons de sa rentrée : “Si la France se trouvait dans une situation normale, au lieu d’être aux prises avec des difficultés immenses, je ne serais pas sorti de Colombey-les-Deux-Églises”. Le Rassemblement, qui a recruté déjà plusieurs centaines de milliers d’adhérents, est voué à une tâche très longue et doit créer dans le pays une atmosphère nouvelle dégageant au-dessus des partis un sentiment commun à tous ceux “qui ne veulent jouer que le rôle de la France”.

         De Gaulle provoque ensuite la contradiction. Les premières questions posées semblent provenir de compères, car le Général réplique du tac au tac avec une facilité qui paraît déceler un dialogue répété à l’avance. Mais lorsque des journalistes communistes ou communisants, tels Claude Morgan des Lettres françaises ou Hermann de Franc-Tireur, commencent à lui poser des colles, je reviens sur ma première impression, car le Général réplique avec la même aisance, tantôt ironique, tantôt coupant et insolent, souvent familier. Il a une diction tout autre qu’au micro ; bien que sa voix soit toujours mal posée et assez déplaisante, son propos est plus vivant et sa figure plus expressive que je ne supposais.

         Un interpellateur voudrait connaître son opinion sur le pamphlet du “hanneton” Henri de Kérillis : De Gaulle dictateur. R. – Je ne l’ai pas lu. Un autre demande : Puisque vous vous dites républicain,  pourquoi ne vous êtes-vous jamais présenté aux élections ? R. – Croyez vous absolument indispensable d’être candidat pour se montrer républicain ? (Rires).

         Lorsqu’on lui reproche de vouloir reprendre le pouvoir alors que chef tout-puissant du gouvernement pendant dix-huit mois il a tout raté, le Général réplique qu’en novembre 1945 l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité la motion : “Le général de Gaulle a bien mérité de la Patrie” et qu’aucuns de ses ministres, dont certains aujourd’hui l’attaquent – en particulier Thorez – n’a quitté son cabinet, ni cessé de lui assurer un concours dévoué. “Quant au reproche de pouvoir personnel, ajoute-t-il, laissez-moi vous dire que je suis revenu d’Égypte – et même de Libye, du Rhin et du Danube – avec des armées victorieuses. Ai-je étranglé la République ?”

         Atmosphère de réunion contradictoire où les fervents de l’acromégalique deux-étoiles manquent un peu de tenue. Lorsque Claude Morgan, ancien séide du traître Marcel Bucard et devenu stalinien, pose une question, un gaulliste crie : “Petit salaud !” Je suis d’accord que Claude Morgan est un petit salaud, mais ce n’était pas le moment de le lui dire.

         La conférence terminée, nous allons boire un pot à une terrasse rue François-1er. Apercevant André Guérin, chef des échos politiques au Ca     nard avant la guerre et rédacteur en chef de L’Œuvre de Déat pendant l’occupation, Hermann lance à Jeanson : “En voilà un qui aurait pu s’intéresser à de Gaulle quatre ou cinq ans plus tôt !” »

8 mai 1947

         « Lu : Elliott Roosevelt, Mon père m’a dit…

         (…) À l’entrevue de Casablanca, les Américains soutenaient Giraud pour faire contrepoids à de Gaulle, considéré comme un pion anglais, mais Roosevelt n’aimait ni l’un ni l’autre : “De Gaulle, disait-il, a l’intention d’établir en France un gouvernement d’un seul homme. Je ne puis imaginer un homme qui m’inspirerait une plus grande défiance”. Quant à Giraud : “Voilà l’homme autour duquel, à entendre Bob Murphy, les Français pourraient se rallier. Il est NUL comme administrateur et il serait nul comme chef” ».

1er juillet 1947

         « Pierre Hervé écrit à L’Huma que “de Gaulle se présente ouvertement en candidat aux fonctions de régent américain de la France” ».

28 juillet 1947

         « Hier grand discours du Général où il dénonce les fourberies staliniennes. Ce grand homme qui se propose pour sauver une fois de plus la France a mis trois ans à apercevoir ce qui crevait les yeux de tout le monde quand il était au pouvoir ».

6 octobre 1947

         « Un demi-million de manifestants – ou de badauds – ont été recensés à la manifestation du général de Gaulle sur le champ de courses de Vincennes ».

19 octobre 1947

         « Le M.R.P., “parti de la fidélité”, est victime de son infidélité. Schumann et Bidault ont combiné de si subtiles manœuvres avec les cocos, les socialos, les rad.-soc., qu’eux-mêmes ne s’y reconnaissaient plus très bien. Un coup de clairon du Grand Charles, et voilà les trois quarts des militants M.R.P. qui abandonnent leurs chefs…

         La grande difficulté qu’éprouvera de Gaulle pour mener son mouvement au combat électoral, c’est qu’il comprend des éléments très disparates : à côté des quelques fidèles de Londres, un rassemblement des droites qui réunit fascistes et anciens pétainistes, lecteurs de L’Époque et de France libre, des radicaux antiherriotistes, un grand nombre de M.R.s. bien pensant de M.R.tistes, res, un rassemblement des droites qui réunit fascistes et anciens pétainistes, lecteurs de L’bandP. bien pensants et même des socialistes ! Pas commode à ordonner cette macédoine ! »

21 octobre 1947

         « Scandale Jean-Paul Sartre au micro parisien.

         Dans une émission à la radio, Sartre attaque violemment le néo-gaullisme ; il a imaginé un personnage ridicule, le gaulliste Chauffard, qui déclare :

         “La France est un pays miraculeux : chaque fois qu’elle est près de tomber dans l’abîme, un homme providentiel sort des rangs pour la sauver.

         SARTRE : – Il me semble que j’ai déjà entendu parler d’un homme providentiel, je ne sais plus quand.

         CHAUFFARD : – Ben justement, l’homme providentiel numéro un, c’était Pétain ; le numéro deux, c’est de Gaulle. D’ailleurs, maréchal, général, c’est tout un. Tous deux sont de l’armée, de la Grande Muette, tous deux sont des orateurs éloquents, tous deux catholiques, tous deux ont pour principe que la souveraineté vient d’en haut, tous deux ont fait don de leur personne à la France, tous deux haïssent les mensonges qui nous ont fait tant de mal !

… SARTRE : –Au fond votre truc est simple : à moins que vous ne soyez vous-même mystifié, vous prétendez que la guerre est fatale, que les deux blocs existent déjà, que certainement on en viendra aux mains tôt ou tard, et vous dites aux gens : “Dans cette alternative, rangez-vous ou à droite avec de Gaulle et les Américains, ou à gauche avec les Russes !” Et précisément, plus les gens vous parlent, plus ces malheureux mystifiés viendront à vos côtés, plus les deux bocs seront nets, plus la cassure sera profonde et plus la guerre éclatera, aura de chance d’éclater. Autrement dit, vous avez joué sur la croyance des gens que l’histoire est faite, vous ôtez toute chance aux gens de décider dans leur liberté, et c’est parce que vous les flattez que vous aurez la guerre, c’est parce que vous aurez la guerre que vous pourrez, à un moment donné, dire : “Nous avions raison”. Autrement dit, vous aurez raison à force d’avoir tort. Eh bien ! Je crois qu’il vaudrait mieux essayer d’avoir raison tout de suite. »

28 octobre 1947

« Au deuxième tour des élections, important recul des “cocos”, les socialistes ayant décidé de voter contre eux. L’Huma écume de rage, dénonce le “crime” et Blum et de Guy Mollet et titre :

“LA TRAHISON SOCIALISTE ENCOURAGE DE GAULLE” ».

28 octobre 1947

         Séance du 28 octobre 1947 à la Chambre.

         « (…) Rama[dier] dénonce d’autre part les visées dictatoriales du Général : “Il ne vient pas l’idée à Jeanne d’Arc de se faire chef de parti !” s’écrie-t-il, réprouvant “une agitation qui irait chercher ses mots d’ordre dans les vieilles défroques du boulangisme et du nationalisme”.

         Jacques Duclos monte à la tribune pour agiter l’épouvantail de l’imminente dictature : “Les anciens agents de Pétain sont derrière le nouveau Boulanger, derrière l’homme qui rêve de reprendre la suite de Bonaparte”. C’est le pétainisme sans Pétain ».

12 novembre 1947

         De Gaulle déclare dans sa conférence de presse : « Je ne sais pas s’il y a deux camps. Mais je sais qu’il y a le camp français. Or, ce camp est le plus menacé. Il est menacé par un colosse plus redoutable que celui de Charles Quint, de Guillaume II et même de Hitler. Colosse plus redoutable parce qu’il a des intelligences à l’intérieur de notre pays ».

19 janvier 1948

         « Délicieux dîner (…) chez le cordon-bleu Claude Marcy avec Jeanson, Malraux et sa belle-sœur. (…) Malraux est persuadé que le Général prendra le pouvoir en mars, au moment du putsch communiste ».

7 février 1948

         « Chez les voyous.

         « Le R.P.F. avait annoncé que la tournée annoncée par de Gaulle en Seine-&-Oise n’aurait pas lieu, le Général étant très inquiet de la santé de sa fille Anne, âgée de dix-huit ans.

         L’Humanité de ce matin titrait triomphalement en première page : “De Gaulle recule devant la résolution des forces démocratiques. La tournée de Seine-&-Oise est annulée”.

         Les journaux du soir annoncent la mort de la jeune fille ».

8 juillet 1948

         Les deux militaires.

         Un tract intitulé Discours à M. Charles de Gaulle sur le maréchal Pétain  rappelle les dédicaces du colonel de Gaulle au Maréchal dont il avait été, avant Loustaunau-Lacau, l’officier d’ordonnance :

         “Au Maréchal Pétain,

         Cet essai, Monsieur le Maréchal, ne saurait être dédié qu’à vous, car rien ne montre mieux que votre gloire quelle vertu l’action peut tirer des lumières de la pensée. (Le Fil de l’épée, 1935).

         À Monsieur le Maréchal Pétain,

         Qui a voulu que ce livre fût écrit.

         Qui dirigea de ses conseils la rédaction des cinq premiers chapitres.

         Et grâce à qui les deux derniers sont l’histoire de notre victoire.

         (La France et son armée, 1938).

         Le tract reproduit ensuite le fameux portrait du Maréchal brossé par de Gaulle un an avant la guerre : « Surtout, un chef a paru qui inculque à l’armée l’art du réel et du possible. Du jour où l’on dut choisir entre la ruine et la raison, Pétain s’est trouvé promu. Excellant à saisir en tout l’essentiel, le pratique, il domine sa tâche par l’esprit. En outre, par le caractère, il la marque de son empreinte. Entre ce personnage lucide et l’action sans surenchères que requièrent, désormais, le combat et les combattants, l’harmonie est si complète qu’elle semble un décret de nature. D’ailleurs, la confiance prend parti pour un maître dont on sait qu’il a dédaigné la fortune des serviteurs. Puissance de l’esprit critique sauvegardé des faveurs banales. Grandeur de l’indépendance qui reçoit l’ordre, capte le conseil, mais se ferme aux influences. Prestige du secret, ménagé par la froideur voulue, l’ironie vigilante et justifiée par l’orgueil dont s’enveloppe cette solitude ». (La France et son armée).

         Et le tract conclut par cette diatribe à l’adresse du général de Gaulle :

“ Vous avez refusé la transmission des pouvoirs que le Maréchal vous proposait et le reste a suivi :

– La libération du traître Thorez et le parti communiste appelé au pouvoir ;

– Le pays livré à la guerre civile et à la révolution démo-communiste qui a ajouté tant de deuils et de ruines à ceux de la défaite de 1940 et de l’occupation allemande :

– les cours de “justice” substituées aux juridictions régulières et prononçant des condamnations infâmes contre des Français irréprochables ;

– Les nationalisations ruineuses et toute une législation qui a supprimé les libertés ;

– Une France sans autorité dans les conférences internationales et qui n’obtient pas les conditions de sa sécurité ;

Tout cela, mon Général, que vous l’ayez ou non voulu, est votre œuvre.

Vous vous proposez à la France comme un sauveur ; il faut alors que votre action commence par réparer le tort que vous avez causé à la Patrie.

Est-ce une amende honorable que vous êtes venu faire à Verdun ? »

5 avril 1949

         Un mot de Malraux :

         – Le Général nous a amenés jusqu’au Rubicon pour nous faire pêcher à la ligne.

20 mai 1949

         « À l’ouverture du congrès R.P.F., de Gaulle déclare avec emphase :

  • Tout ce qui n’est pas NOUS défaille tour à tour ».

24 mars 1950

         « Corniglion-Molinier (…) raconte une bien plaisante histoire sur Teitgen : “Tristan” dans la clandestinité s’évade du train qui l’emmène vers l’Allemagne, quelques jours avant la libération de Paris, arrive tout crotté et déchiré chez un ami sûr qui le réconforte, le baigne, le rhabille à neuf… Mais quand de Gaulle débarque à Paris, huit jours plus tard, Tristan-Teitgen réenfile ses haillons et se présente au Général comme s’il venait de sauter de son train. De Gaulle, informé, n’en serait pas encore revenu ».

11 avril 1950

         « Sensationnel article du colonel Rémy dans Carrefour :

         “La Justice et l’Opprobre” où le résistant numéro 1 demande la libération de Pétain et déclare : “… c’est ce que le général de Gaulle a voulu exprimer quand, un certain soir où je lui parlais du maréchal Pétain avec amertume, il m’a répondu : “Souvenez-vous qu’il faut que la France ait toujours deux cordes à son arc : en juin 1940, il lui fallait la “corde” Pétain aussi bien que la “corde” de Gaulle…” »

21 mai 1950

         « Lorsque, à Moscou, de Gaulle annonça à Staline, dont il était l’obligé, qu’il autoriserait le déserteur Thorez à rentrer en France, le Père des Peuples, qui a souvent le mot pour rire, lui dit, la figure épanouie :

  • Et quand le faites-vous fusiller ?

Pour plus de détails, s’adresser à Georges Bidault qui assistait à la scène ».

10 juin 1950

         « Chez Gilles (…) un numéro de très grande classe, Gérard Séty, un nouveau Frégoli, plus spirituel, qui à l’aide d’un chapeau démontable, d’une paire de gants et de ses bretelles, évoque les personnages les plus variés de l’Histoire de France avec un humour très original et termine en Vercingétorix, déclamant un grandiloquent discours de Charles de Gaulle ».

[1] Sic, pour Section française de l’internationale communiste.

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