Les réflexions gaullistes de la semaine du 23 au 29 septembre 2019 par Christophe CHASTANET

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Mardi 24 septembre 2019 :

L’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules sera naturellement le point le plus discuté à partir de ce mardi à l’Assemblée Nationale dans le cadre de la révision des lois de bioéthique.

Le critère médical d’infertilité serait ainsi supprimé.

Les revendications de parenté provoquent en chacun de nous des questionnements qui relèvent de l’intime : tout le monde a-t-il le « droit » de procréer ? certains désirs d’enfant sont-ils plus – ou moins – légitimes que d’autres ? existe-t-il un droit à l’enfant ?

Répondre à ces questions revient à se positionner sur les évolutions de la société qui bousculent nos cadres habituels mais aussi sur le pouvoir de l’homme et ses limites.

Comme l’affirmait notre secrétaire générale en mars dernier (lire l’interview revisitée de M. Schiappa par C. Champrigaud, pour la Journée internationale de la femme du 8 mars 2019), le sujet est sensible mais s’il y a réellement désir d’enfant il y a amour d’enfant.

Les aspirations des lesbiennes et des femmes seules à avoir un enfant ne vont pas provoquer le cataclysme sur la filiation, l’humanité et la civilisation que certains promettent. Et chaque enfant mérite d’être accueilli sans distinction de conception.

Pour autant, au-delà de la légitimité du désir de maternité, était-ce bien nécessaire d’étendre la PMA à toutes les femmes, alors même que dans un arrêt du 28 septembre 2018, le Conseil d’État avait estimé que « le principe d’égalité ne s’oppose ni à ce que législateur règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général » et que l’adoption homoparentale leur est ouverte depuis 2013 (1966 pour les personnes seules) ? chacun se forgera son opinion.

La vraie difficulté, c’est que la recherche et le marché – pour des raisons différentes – cherchent à entrer dans le champ de la conception humaine.

Et, à ce titre, il ne faudrait pas que la « PMA pour toutes » soit l’arbre qui cache la forêt.

Car, nonobstant le débat sur la place du père, il conviendrait de s’inquiéter davantage sur les buts de ce texte qui veut faciliter la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines…

La France ne doit pas jouer au docteur Frankenstein ! Aujourd’hui, plus que jamais, nos lois bioéthiques et les principes qui les sous-tendent depuis 1994 doivent être préservés !

Au final, une seule ligne de conduite doit nous guider : fuir les postures et les imprécations. Les gaullistes peuvent être des lanceurs d’alerte, mais certainement pas d’anathèmes. Nous y veillerons.

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